Montelimar
Montélimar : C'est une ville du sud-est de la France, réputée pour son nougat et son ambiance provençale.
Dominée par le Château des Adhémar, elle possède un riche patrimoine médiéval et des vestiges plus anciens.
C’est aussi une étape agréable entre vallée du Rhône et Provence, avec des marchés et des allées animées.
Château des Adhémar :
Le Château des Adhémar est un château médiéval majeur de la vallée du Rhône et l’un des symboles historiques de Montélimar.
Il est édifié à partir du XII° siècle par la puissante famille des Adhémar de Monteil, une lignée seigneuriale influente dans la région. Le château est construit sur un promontoire rocheux, ce qui lui donne une position stratégique idéale pour surveiller la vallée du Rhône et contrôler les axes de passage entre le nord et le sud de la France.
Son architecture d’origine est typique des forteresses romanes : enceinte fortifiée, donjon, logis seigneurial et chapelle (notamment la chapelle Saint-Pierre, intégrée au site).
Au fil des siècles, le château perd progressivement sa fonction résidentielle et militaire :
Cette évolution explique son aspect mixte, entre forteresse médiévale et bâtiment réaménagé.
Le logis seigneurial (ou palatium), rare exemple d’ensemble palatial d’architecture romane, se compose d’une salle aux vastes proportions, la « Grande salle inférieure » (parfois dite en latin aula), dotée d’un plafond à la française, et, à l’étage, d’une pièce de même dimension (125 m2), la « Grande salle supérieure », ouverte à l’ouest et disposant d’une enfilade de larges fenêtres en plein cintre et se prolongeant par une loggia avec le même type d’ouvertures. Le tout est orienté vers la ville.
L'église du XI° siècle, par ses dimensions, avait probablement une fonction paroissiale. Elle fut dédiée à saint Pierre. Au XVI° siècle, la nef est transformée en poudrière, tandis que la partie nord reste une chapelle dédiée à sainte Agathe. Son appellation de Sainte-Guitte provient d'une lecture erronée des archives au XIX° siècle.
De ce complexe ensemble castral ne subsistent que les éléments médiévaux les plus importants. Les rénovations du XVI° siècle ont fait disparaître plusieurs bâtiments plus modestes.
Le logis seigneurial a été classé monument historique en 1889[4].
Propriété du département de la Drôme depuis 1965, le château des Adhémar accueille entre 2000 et 2017 un centre d'art contemporain qui accompagne des projets d’artistes locaux. Elle s’inscrit dans le projet des trois châteaux départementaux (Montélimar, Grignan et Suze-la-Rousse) dont l’objectif est de croiser création contemporaine et patrimoine.
Tour de Narbonne : La Tour de Narbonne est un vestige important du système défensif médiéval de Montélimar.
Construite au Moyen Âge, elle faisait partie des fortifications du château et de la ville. Elle appartenait à un second château construit en parallèle du Château des Adhémar, lorsque la seigneurie a été divisée entre deux frères. Cela a créé deux ensembles fortifiés rivaux sur la même colline. C'est donc le principal reste de ce second château disparu, et était reliée aux remparts et au château par des murs fortifiés.
Son rôle principal était de protéger et contrôler l’accès à l’enceinte seigneuriale, en lien direct avec le Château des Adhémar.
Elle servait donc à la fois de tour de défense et de passage stratégique, permettant de surveiller les entrées de la ville et de renforcer la sécurité du site.
La porte Saint Martin : Construite entre 1762 et 1763 d'après les plans de M. Paulmier de la Tour, la porte Saint Martin est l'ultime témoignage des anciennes portes à l'époque où Montélimar était encore ceinturée de remparts.
Bâtie en pierres de taille de Cruas et de Puygiron, on peut voir dans sa partie supérieure une décoration composée de feuilles de chênes et feuilles de palmiers avec au centre un cartouche autrefois chargé des armes du dauphin. Les deux guichets (portes de part et d’autre) furent ajoutés à la construction d’origine dans les années 1849-50.
Collégiale Sainte-Croix : Elle présente une architecture assez riche, car elle a été construite puis modifiée sur plusieurs siècles, ce qui lui donne un style hybride entre gothique tardif et Renaissance, avec des ajouts plus récents.
La première mention de l'église date de 1178. La façade principale, du XVI° siècle, est percée d’un portail composé de deux ouvertures en plein cintre, encadrées de trois colonnes toscanes. Un fronton triangulaire a disparu au-dessus de la corniche du portail. En partie haute, le mur est percé de deux baies au remplage flamboyant. La base de l’église conserve des éléments du gothique fin (XV°–XVI° siècles), voûtes en croisée d’ogives, arcs légèrement brisés, murs épaissis avec contreforts pour soutenir la structure, fenêtres élancées (bien que partiellement modifiées). Ce style est moins “aérien” que le gothique classique, il est plus massif et adapté à une période instable.
Avec les reconstructions de la Renaissance, apparition de détails plus réguliers et symétriques, décorations plus sobres, mais mieux proportionnées, ouverture de certaines baies plus larges, éléments sculptés plus “classiques” (inspiration antique). Cela adoucit l’aspect médiéval initial.
Maison dite de Diane de Poitiers : La Maison dite de Diane de Poitiers est un ancien hôtel particulier de style Renaissance situé dans le centre historique de Montélimar.
Malgré son nom, il n’existe aucune preuve solide que Diane de Poitiers y ait vécue. L’appellation est donc surtout traditionnelle et légendaire, comme c’est souvent le cas dans les villes historiques.
Le bâtiment date principalement du XVI° siècle, période de prospérité de Montélimar, lorsque certaines familles nobles ou bourgeoises faisaient construire de grandes demeures en ville.
La maison est un bon exemple d’architecture Renaissance urbaine, façade en pierre sculptée, relativement sobre, mais élégante, présence de fenêtres à meneaux (divisées par des croisillons de pierre), proportions régulières typiques de la Renaissance. Eléments décoratifs discrets (encadrements, moulures), organisation intérieure autour d’une cour ou d’un espace central (typique des hôtels particuliers). Elle illustre le passage d’une architecture médiévale défensive à une architecture plus résidentielle et esthétique.
Chapelle Notre-Dame de la Rose : La chapelle est le plus vieil édifice religieux de Montélimar, située sur le tracé de la Via Agrippa, elle a une façade de style baroque.
L’origine de la chapelle remonte au XII° siècle comme peut l’attester le texte du Pape Lucius en l’an 1183. Dévastée pendant les guerres de religion à la fin du XVI° siècle et délaissée, Notre-Dame de la Rose ne sera relevée qu’un siècle plus tard, en 1684.
La façade est reconstruite, la voûte réparée, la toiture remontée et une sacristie est ajoutée. La façade reflète parfaitement le style du XVII° siècle avec sa porte à linteau rectangulaire mouluré, rehaussée d’un petit entablement et d’une frise gravée de la dédicace du sanctuaire : « Rose mystica, ora pro nobis » (Rose mystique, priez pour nous).
Vendue comme bien national à la Révolution, elle est acquise au XIX° siècle par une famille montilienne qui la rend au culte. Sa dernière héritière la lègue à l’évêché de Valence en 1992.
Ancienne chapelle de Chabrillan : La chapelle fut édifiée au XVII° siècle. Son nom fait référence à l'hôtel particulier édifié par le marquis de Chabrillan à proximité. Elle fut la chapelle du couvent des Capucins, puis des Sœurs de la Visitation, et enfin une école catholique jusqu'en 1996. Aujourd'hui, c'est un espace dédié aux arts qui offre près de 300 m2 d'expositions temporaires.
Même transformée aujourd’hui, on peut déduire plusieurs caractéristiques typiques, volume simple et allongé → chapelle à nef unique, orientation probable est-ouest (tradition chrétienne). Murs épais en pierre locale, ouvertures limitées pour garder un aspect intime, décor intérieur probablement plus riche que l’extérieur (aujourd’hui disparu ou modifié) Contrairement aux grandes églises, l’extérieur reste volontairement sobre et discret.
Musée Européen de l'Aviation de Chasse :
Le Musée Européen de l'Aviation de Chasse est un site unique consacré à l’histoire de l’aviation militaire, situé sur l’aérodrome de Montélimar. Créé en 1985 par des passionnés, il vise à préserver et transmettre le patrimoine aéronautique du XX° siècle. Le musée présente une vaste collection d’avions de chasse provenant de différents pays, notamment la France, les États-Unis et l’ex-URSS. On y découvre des appareils emblématiques comme les Mirage, témoins de la guerre froide et des avancées technologiques.
Le site se distingue par sa grande superficie, avec des expositions en plein air et dans des hangars, permettant d’observer les avions de très près. Certains cockpits sont accessibles, rendant la visite plus immersive et pédagogique. Le musée expose également des moteurs, des équipements militaires et des objets liés aux pilotes. Un atelier de restauration est parfois visible, montrant le travail de conservation des appareils anciens.
À la fois technique et historique, ce musée permet de mieux comprendre l’évolution de l’aviation de combat. Il constitue aujourd’hui l’un des principaux lieux de valorisation du patrimoine aéronautique dans le sud-est de la France.
C’est aussi une étape agréable entre vallée du Rhône et Provence, avec des marchés et des allées animées.
Château des Adhémar :
Il est édifié à partir du XII° siècle par la puissante famille des Adhémar de Monteil, une lignée seigneuriale influente dans la région. Le château est construit sur un promontoire rocheux, ce qui lui donne une position stratégique idéale pour surveiller la vallée du Rhône et contrôler les axes de passage entre le nord et le sud de la France.
Son architecture d’origine est typique des forteresses romanes : enceinte fortifiée, donjon, logis seigneurial et chapelle (notamment la chapelle Saint-Pierre, intégrée au site).
Au fil des siècles, le château perd progressivement sa fonction résidentielle et militaire :
- À la fin du Moyen Âge, il est renforcé et adapté aux techniques défensives.
- À l’époque moderne, il est transformé en citadelle militaire, puis en prison.
- Après la Révolution française, il est progressivement abandonné comme lieu de pouvoir.
Le logis seigneurial (ou palatium), rare exemple d’ensemble palatial d’architecture romane, se compose d’une salle aux vastes proportions, la « Grande salle inférieure » (parfois dite en latin aula), dotée d’un plafond à la française, et, à l’étage, d’une pièce de même dimension (125 m2), la « Grande salle supérieure », ouverte à l’ouest et disposant d’une enfilade de larges fenêtres en plein cintre et se prolongeant par une loggia avec le même type d’ouvertures. Le tout est orienté vers la ville.
L'église du XI° siècle, par ses dimensions, avait probablement une fonction paroissiale. Elle fut dédiée à saint Pierre. Au XVI° siècle, la nef est transformée en poudrière, tandis que la partie nord reste une chapelle dédiée à sainte Agathe. Son appellation de Sainte-Guitte provient d'une lecture erronée des archives au XIX° siècle.
De ce complexe ensemble castral ne subsistent que les éléments médiévaux les plus importants. Les rénovations du XVI° siècle ont fait disparaître plusieurs bâtiments plus modestes.
Le logis seigneurial a été classé monument historique en 1889[4].
Propriété du département de la Drôme depuis 1965, le château des Adhémar accueille entre 2000 et 2017 un centre d'art contemporain qui accompagne des projets d’artistes locaux. Elle s’inscrit dans le projet des trois châteaux départementaux (Montélimar, Grignan et Suze-la-Rousse) dont l’objectif est de croiser création contemporaine et patrimoine.
Tour de Narbonne : La Tour de Narbonne est un vestige important du système défensif médiéval de Montélimar.
Construite au Moyen Âge, elle faisait partie des fortifications du château et de la ville. Elle appartenait à un second château construit en parallèle du Château des Adhémar, lorsque la seigneurie a été divisée entre deux frères. Cela a créé deux ensembles fortifiés rivaux sur la même colline. C'est donc le principal reste de ce second château disparu, et était reliée aux remparts et au château par des murs fortifiés.
Son rôle principal était de protéger et contrôler l’accès à l’enceinte seigneuriale, en lien direct avec le Château des Adhémar.
Elle servait donc à la fois de tour de défense et de passage stratégique, permettant de surveiller les entrées de la ville et de renforcer la sécurité du site.
La porte Saint Martin : Construite entre 1762 et 1763 d'après les plans de M. Paulmier de la Tour, la porte Saint Martin est l'ultime témoignage des anciennes portes à l'époque où Montélimar était encore ceinturée de remparts.
Bâtie en pierres de taille de Cruas et de Puygiron, on peut voir dans sa partie supérieure une décoration composée de feuilles de chênes et feuilles de palmiers avec au centre un cartouche autrefois chargé des armes du dauphin. Les deux guichets (portes de part et d’autre) furent ajoutés à la construction d’origine dans les années 1849-50.
Collégiale Sainte-Croix : Elle présente une architecture assez riche, car elle a été construite puis modifiée sur plusieurs siècles, ce qui lui donne un style hybride entre gothique tardif et Renaissance, avec des ajouts plus récents.
La première mention de l'église date de 1178. La façade principale, du XVI° siècle, est percée d’un portail composé de deux ouvertures en plein cintre, encadrées de trois colonnes toscanes. Un fronton triangulaire a disparu au-dessus de la corniche du portail. En partie haute, le mur est percé de deux baies au remplage flamboyant. La base de l’église conserve des éléments du gothique fin (XV°–XVI° siècles), voûtes en croisée d’ogives, arcs légèrement brisés, murs épaissis avec contreforts pour soutenir la structure, fenêtres élancées (bien que partiellement modifiées). Ce style est moins “aérien” que le gothique classique, il est plus massif et adapté à une période instable.
Avec les reconstructions de la Renaissance, apparition de détails plus réguliers et symétriques, décorations plus sobres, mais mieux proportionnées, ouverture de certaines baies plus larges, éléments sculptés plus “classiques” (inspiration antique). Cela adoucit l’aspect médiéval initial.
Maison dite de Diane de Poitiers : La Maison dite de Diane de Poitiers est un ancien hôtel particulier de style Renaissance situé dans le centre historique de Montélimar.
Malgré son nom, il n’existe aucune preuve solide que Diane de Poitiers y ait vécue. L’appellation est donc surtout traditionnelle et légendaire, comme c’est souvent le cas dans les villes historiques.
Le bâtiment date principalement du XVI° siècle, période de prospérité de Montélimar, lorsque certaines familles nobles ou bourgeoises faisaient construire de grandes demeures en ville.
La maison est un bon exemple d’architecture Renaissance urbaine, façade en pierre sculptée, relativement sobre, mais élégante, présence de fenêtres à meneaux (divisées par des croisillons de pierre), proportions régulières typiques de la Renaissance. Eléments décoratifs discrets (encadrements, moulures), organisation intérieure autour d’une cour ou d’un espace central (typique des hôtels particuliers). Elle illustre le passage d’une architecture médiévale défensive à une architecture plus résidentielle et esthétique.
Chapelle Notre-Dame de la Rose : La chapelle est le plus vieil édifice religieux de Montélimar, située sur le tracé de la Via Agrippa, elle a une façade de style baroque.
L’origine de la chapelle remonte au XII° siècle comme peut l’attester le texte du Pape Lucius en l’an 1183. Dévastée pendant les guerres de religion à la fin du XVI° siècle et délaissée, Notre-Dame de la Rose ne sera relevée qu’un siècle plus tard, en 1684.
La façade est reconstruite, la voûte réparée, la toiture remontée et une sacristie est ajoutée. La façade reflète parfaitement le style du XVII° siècle avec sa porte à linteau rectangulaire mouluré, rehaussée d’un petit entablement et d’une frise gravée de la dédicace du sanctuaire : « Rose mystica, ora pro nobis » (Rose mystique, priez pour nous).
Vendue comme bien national à la Révolution, elle est acquise au XIX° siècle par une famille montilienne qui la rend au culte. Sa dernière héritière la lègue à l’évêché de Valence en 1992.
Ancienne chapelle de Chabrillan : La chapelle fut édifiée au XVII° siècle. Son nom fait référence à l'hôtel particulier édifié par le marquis de Chabrillan à proximité. Elle fut la chapelle du couvent des Capucins, puis des Sœurs de la Visitation, et enfin une école catholique jusqu'en 1996. Aujourd'hui, c'est un espace dédié aux arts qui offre près de 300 m2 d'expositions temporaires.
Même transformée aujourd’hui, on peut déduire plusieurs caractéristiques typiques, volume simple et allongé → chapelle à nef unique, orientation probable est-ouest (tradition chrétienne). Murs épais en pierre locale, ouvertures limitées pour garder un aspect intime, décor intérieur probablement plus riche que l’extérieur (aujourd’hui disparu ou modifié) Contrairement aux grandes églises, l’extérieur reste volontairement sobre et discret.
Musée Européen de l'Aviation de Chasse :
Le Musée Européen de l'Aviation de Chasse est un site unique consacré à l’histoire de l’aviation militaire, situé sur l’aérodrome de Montélimar. Créé en 1985 par des passionnés, il vise à préserver et transmettre le patrimoine aéronautique du XX° siècle. Le musée présente une vaste collection d’avions de chasse provenant de différents pays, notamment la France, les États-Unis et l’ex-URSS. On y découvre des appareils emblématiques comme les Mirage, témoins de la guerre froide et des avancées technologiques.
Le site se distingue par sa grande superficie, avec des expositions en plein air et dans des hangars, permettant d’observer les avions de très près. Certains cockpits sont accessibles, rendant la visite plus immersive et pédagogique. Le musée expose également des moteurs, des équipements militaires et des objets liés aux pilotes. Un atelier de restauration est parfois visible, montrant le travail de conservation des appareils anciens.
À la fois technique et historique, ce musée permet de mieux comprendre l’évolution de l’aviation de combat. Il constitue aujourd’hui l’un des principaux lieux de valorisation du patrimoine aéronautique dans le sud-est de la France.
Le château des AdhémarOn dispose de peu d'informations sur le premier château construit au XI° siècle par le comte de Toulouse, probablement en même temps que la chapelle Sainte-Guitte. Il s’agissait d’une motte castrale, un donjon construit sur une motte et protégé par un talus de terre et un large fossé. Il est situé juste au-dessus de l'église paroissiale Saint-Pierre.
Dans la deuxième partie du XII° siècle, le château initial est transformé en palais par les Adhémar, le castrum montilium Adhemari exprime la richesse de la lignée. La souveraineté de la lignée des Adhémar est reconnue par un diplôme impérial en 1164.
Autour de 1200, deux frères se partagent la seigneurie. Cette indivision entraîne la construction de deux pôles seigneuriaux, un au nord, dont il subsiste la tour de Narbonne, et un à l'est, constituant la citadelle, dont les murailles du XIII° siècle constitueront le réduit défensif des fortifications du XVI° siècle.
Au XIVe siècle fut construite la « tour de Narbonne », seule partie subsistante d’un château appartenant aux comtes du Valentinois. Le vieux château appartenait alors au pape. Ce château (à l’exception du donjon) a été détruit vers 1580 sur ordre du duc de Lesdiguières, chef des armées protestantes du Dauphiné pour faire la place à un ensemble de fortifications plus moderne.
La forteresse servit ensuite de prison, durant tout le XIX° siècle, jusqu'en 1926.
La collégiale Sainte Croix
Les premières traces de l'existence de l'église remontent à 1183. Elle est alors citée dans une bulle du pape Lucius III comme propriété de l'abbaye de l'Île-Barbe de Lyon. Elle est alors de style roman. Elle est datée par les historiens locaux Adolphe de Coston et Valentin du Cheylard, respectivement du début du XI° ou du XII° siècle. Il ne subsiste de cette époque que le bas de la tour du clocher.
En 1412, les consuls de Montélimar commandent une horloge auprès de Jacques Marc, un artisan fribourgeois travaillant à Romans-sur-Isère. À ce même moment est installée une cloche de vingt quintaux (soit 2 000 kg) au sommet du clocher.
Le 10 juin 1449 sur demande du dauphin Louis (futur roi de France), le pape Nicolas V érige l'église en collégiale. Pour répondre à cette décision la collégiale est agrandie entre 1489 et 1499 dans un style gothique.
Une tradition locale veut qu'en 1504 le pape Jules II (ancien évêque de Viviers et d'Avignon) ait consacré la collégiale après les travaux.
Les consuls de Montélimar font reconstruire le clocher de la collégiale entre 1555 et 1557. Celui-ci est construit dans un style Renaissance italienne et inspiré du Capitole de Rome. Le clocher est d'une hauteur de 35 mètres. Une statue de la vierge est installée à son sommet (mais trop dégradée, elle sera retirée en 1984).
En 1558, la ville fait fondre puis refaire les vieilles cloches de 1412. Mais en 1561 la plus grosse cloche se décroche et elle doit être refaite.
En 1567, une troupe de quatre mille protestants venant de Nîmes prennent la ville de Montélimar. Ils vont alors vandaliser la collégiale. Ils détruiront les autels, des statues et les cloches. Des soldats vont allumer un feu en face du bâtiment et y jeter des livres, objets de cultes et les archives de l'église. Ainsi que les reliques de saint Hébrard (conservées dans l'église depuis 1271). Un incendie est allumé dans le bâtiment et seul le chœur et le clocher subsistent.
Les travaux de reconstruction commencent en 1577. Malgré la prise de Montélimar par les protestants entre 1585 et 1589 les travaux se poursuivent. Pendant ce temps les cérémonies se poursuivent dans l'église de l'hôpital de la ville.
Le culte catholique y est rétabli en 1589 et c'est Pierre Coton (futur confesseur d'Henri IV et Louis XIII) qui en préside la cérémonie.
En 1600, la future reine Marie de Médicis de passage dans la collégiale fait un don de 1 000 écus. Cet argent sera utilisé pour acheter trois nouvelles cloches.
Les travaux prennent fin en 1606, date inscrite en dessous d'une fenêtre de style gothique. Ne subsiste alors de l'édifice médiéval que l'abside. Les consuls de la ville chargent, en 1616, le menuisier Jacques Pavin de fabriquer un nouveau jacquemart en bois recouvert de plomb. En 1638 une sacristie est construite à l'angle sud-est de l'édifice. Puis en 1682 l'orgue de la collégiale est rénovée.
À la suite de la révocation de l'édit de Nantes en 1685 par Louis XIV, le temple protestant de Montélimar est démoli. La cloche de celui-ci est alors installée dans la collégiale, d'où son nom de « la Calvine ». En 1700, les trois anciens jacquemarts, hors d'usage depuis plusieurs années, sont remplacés par trois nouveaux. A la Révolution française, l'église est transformée en temple du culte de la Raison. Le culte catholique y sera rétabli en 1802, dans le cadre du Régime concordataire français signé par l'empereur Napoléon Ier avec le Vatican.
En 1818 sont réalisées la voûte en brique de la nef et la tribune des orgues.