Lamanon est un petit village provençal situé au nord des Alpilles, entre Salon-de-Provence et Orgon. Il se distingue par son cadre naturel paisible, entre collines calcaires, garrigue et oliveraies, typiques de la Provence.
Le village a des origines anciennes, avec des traces d’occupation dès la préhistoire. Son histoire est fortement liée au site de Calès, un ancien village creusé dans la roche, aujourd’hui en ruines, qui témoigne de la vie médiévale dans la région. Ce site perché offre aussi de beaux panoramas sur la vallée.
Le cœur du village actuel s’est développé plus bas, autour de son château et de son église. On y trouve des ruelles étroites, des maisons en pierre et une atmosphère tranquille, loin de l’agitation des grandes villes. L’ambiance est typiquement provençale, avec des marchés, des traditions locales et un rythme de vie calme.
Lamanon est aussi apprécié pour son environnement naturel. Il est entouré de sentiers de randonnée qui permettent de découvrir les paysages des Alpilles, entre pinèdes, falaises et plateaux. C’est un lieu idéal pour les amateurs de nature, de marche et de patrimoine.
En résumé, Lamanon est un village discret mais authentique, qui mêle histoire, nature et charme provençal, avec comme point fort son patrimoine troglodytique unique dans la région.
Église Saint-Denis-l’Aréopagite : c'est principale de Lamanon, un édifice qui reflète à la fois l’histoire religieuse et l’évolution du village.
L’église se situe au cœur du village, à proximité du château. Elle présente une architecture sobre, typique des églises provençales rurales.
Sa façade est simple, en pierre claire, avec peu d’ornementation.
Le clocher, assez discret, s’intègre harmonieusement dans le paysage du village.
À l’intérieur, on trouve une nef unique, modeste, mais lumineuse, avec quelques éléments décoratifs traditionnels (autel, statues religieuses, vitraux simples).
L’ensemble donne une impression d’authenticité et de simplicité, fidèle à l’esprit des petits villages de Provence.
L’église actuelle date principalement de l’époque moderne (probablement entre le XVIIe et le XVIIIe siècle), lorsque le village s’est développé dans la plaine.
À l’origine, les habitants vivaient davantage sur le site perché de Calès, où se trouvait une chapelle plus ancienne, la chapelle Saint-Denis (XIIe siècle).
Avec l’abandon progressif de Calès pour des raisons de sécurité et de confort, la population s’est déplacée vers l’emplacement actuel du village. L’église Saint-Denis-l’Aréopagite a alors été construite pour devenir le nouveau centre religieux de la communauté.
Le château :
Le château de Lamanon constitue l’un des repères historiques majeurs de Lamanon.
Même s’il reste discret comparé à de grandes forteresses, il joue un rôle essentiel pour comprendre l’évolution du village et de son organisation.
Château de Lamanon — photo
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D’abord, ce qui frappe, c’est son intégration dans le village de Lamanon. Contrairement à un château fort isolé ou perché, il est entouré de maisons et donne directement sur les ruelles et la place. Il ne domine pas de manière spectaculaire, mais s’impose par ses proportions et sa position centrale.
Les façades sont construites en pierre locale claire, avec un aspect massif, mais sans ostentation.
Les murs sont relativement épais et peu décorés, ce qui donne une impression de solidité.
On remarque une certaine régularité dans les ouvertures, des fenêtres alignées, souvent rectangulaires, des encadrements simples, sans sculptures élaborées.
Une organisation symétrique qui reflète les transformations des XVI°-XVII° siècles
Le château ne possède pas de grands éléments défensifs visibles comme des créneaux ou des tours imposantes.
Cela confirme son évolution vers une résidence de confort plutôt qu’une forteresse.
Toutefois, son volume compact et ses murs robustes rappellent son origine ancienne.
Enfin, l’environnement immédiat — petite place, ruelles étroites, proximité de l’église — renforce l’impression d’un château qui fait corps avec le village, plutôt que de s’en détacher.
L’édifice actuel résulte de plusieurs phases de construction et de transformations, principalement entre les XVI° et XVII° siècles.
Il est bâti en pierre locale, avec des façades relativement simples, peu ornées, mais solides et équilibrées.
On y retrouve des caractéristiques typiques des demeures seigneuriales provençales, des volumes massifs, mais harmonieux.
Des ouvertures régulières (fenêtres alignées), une organisation tournée vers le confort plutôt que la défense.
Parfois une cour intérieure ou des espaces annexes liés à la vie quotidienne
Le château s’intègre aujourd’hui complètement dans le village, au point de donner l’impression qu’il fait partie du tissu urbain plutôt qu’il ne le domine.
Pour comprendre le château, il faut remonter à l’histoire du site de Calès, situé sur les hauteurs.
Au Moyen Âge, la population vivait principalement dans ce village perché, creusé dans la roche, plus facile à défendre en période d’insécurité.
Ce site possédait déjà ses propres structures, dont un ancien château aujourd’hui en ruines.
À partir de la fin du Moyen Âge et surtout à l’époque moderne, les habitants quittent progressivement Calès pour s’installer dans la plaine.
Plusieurs raisons expliquent ce mouvement, la diminution des menaces militaires, la recherche de meilleures conditions de vie, la proximité des terres agricoles et des voies de communication.
C’est dans ce contexte que se développe le Lamanon actuel. Le château est alors construit (ou largement remanié) pour devenir le nouveau centre du pouvoir seigneurial, remplaçant celui des hauteurs.
Le château n’était pas seulement une résidence : il symbolisait l’autorité des seigneurs de Lamanon.
Au fil des siècles, il appartient à différentes familles nobles qui administrent le territoire.
Comme beaucoup de châteaux provençaux de cette époque, il évolue progressivement, moins défensif, car les conflits locaux diminuent, plus confortable, adapté à une vie quotidienne plus stable
Après avoir emprunté la Calade (chemin de pierre), on entre dans le cirque par une enceinte fortifiée aussi bien côté nord que sud.
Le site de Calès : Le site de Calès, situé sur les hauteurs de Lamanon.
C'est un ancien village troglodytique creusé dans la roche, occupé de la Préhistoire au XVI° siècle.
Organisé autour de grottes aménagées, d’un château et de chemins pavés, il témoigne d’une vie communautaire médiévale adaptée à un environnement naturel escarpé.
Aujourd’hui en ruines, il reste l’un des sites les plus remarquables du patrimoine de Lamanon.
À l'intérieur, on peut découvrir à la base des deux falaises est et ouest, 58 des 116 grottes troglodytes recensées dans le site de Calès.
Initialement, ces grottes ont été créées en extrayant des blocs de pierres nécessaires à la construction du château féodal (qui surplombait le cirque).
Elles ont été transformées ensuite en habitat troglodyte pour héberger la population vivant dans ce cirque sous la tutelle du seigneur (jusqu'à 220 personnes).
On peut voir des anneaux de suspension, des silos, des larmiers à l'extérieur, des trous de poutres)
Des rigoles creusées dirigeaient les eaux de ruissellement vers des citernes et des aiguiers.
C'est de la dernière période d'occupation que date les aménagements les plus sophistiqués avec cheminées, placards, tasseaux et feuillures de portes.
On y observe :
Des grottes aménagées en habitations, avec niches, cheminées et espaces de vie
Des escaliers taillés directement dans la roche
Des chemins pavés appelés “calades” permettant de circuler dans le site
Les vestiges d’un château médiéval qui dominait autrefois l’ensemble
Une enceinte et des aménagements collectifs (caniveaux, systèmes de récupération d’eau)
L’ensemble donne l’impression d’un véritable village creusé dans la montagne, parfaitement adapté à son environnement.
L’histoire de Calès est particulièrement riche, car le site a été occupé pendant plusieurs millénaires.
Préhistoire (vers 3500 av. J.-C.) : premières traces d’occupation humaine
Antiquité : présence probable d’un habitat organisé, peut-être lié à un castellum
Moyen Âge (XIIe – XVIe siècle) : période de développement maximal du village
À cette époque, Calès devient un véritable village fortifié, pouvant accueillir plusieurs dizaines, voire plus d’une centaine d’habitants.
Les habitations troglodytiques servaient à la fois de résidences permanentes et de refuges en cas de danger, notamment lors des invasions ou des périodes de troubles.
Chapelle Saint-Denis :
Elle est située sur le site de Calès, et constitue l’un des témoignages les plus remarquables de l’histoire médiévale de la région.
Édifiée vers le milieu du XII° siècle, elle fut la première église paroissiale de l’ancien village de Calès, aujourd’hui disparu, dont il ne subsiste que les vestiges troglodytiques accrochés à la roche.
Lors de sondages réalisés en 1996 une assise antérieure au VI° siècle et de nombreuses sépultures dont les plus anciennes remontent à l'âge du fer ont été découvertes, témoignages de la présence, en ce lieu de cultes anciens.
Construite dans un style roman typique de la Provence, la chapelle présente une architecture sobre et harmonieuse : une nef unique divisée en deux travées, prolongée par une abside semi-circulaire voûtée en berceau.
Son clocher-mur à deux arcades et ses ouvertures étroites témoignent d’une conception à la fois fonctionnelle et spirituelle, laissant pénétrer une lumière mesurée propice au recueillement.
Malgré sa simplicité apparente, la qualité de sa construction révèle le savoir-faire d’artisans expérimentés.
Initialement dédiée à saint Marcellin, la chapelle change de vocable au cours du XV° siècle pour être placée sous la protection de saint Denis, probablement à la suite de l’ajout d’une chapelle latérale de style gothique.
Au fil du temps, le village de Calès est progressivement abandonné, notamment à partir du XVI° siècle, laissant la chapelle isolée au cœur de ce paysage de pierre.
Elle demeure aujourd’hui le seul édifice médiéval conservé en élévation sur le site.
Victime de dégradations et de profanations après la Seconde Guerre mondiale, elle a fait l’objet d’importantes campagnes de restauration entre la fin du XX° siècle et le début du XXI° siècle, permettant de préserver ce patrimoine exceptionnel.
Aujourd’hui, la chapelle Saint-Denis apparaît comme un symbole fort de la mémoire du site de Calès.
Nichée dans un environnement naturel remarquable, elle incarne à la fois la permanence du sacré et la longue histoire d’occupation humaine de ce lieu unique en Provence.
Les chapelles Sainte-Marie et Saint-Jean : Un ensemble situé sur un replat du cirque Saint-Jean, au pied des falaises bordant le plateau du même nom.
Implantées à proximité de l’habitat troglodytique, ces chapelles s’intégraient pleinement dans l’organisation du village, où les espaces de vie, de travail et de culte coexistaient étroitement.
Bien que moins bien conservées que la chapelle Saint-Denis, elles laissent encore apparaître les traces de leur architecture d’origine, caractérisée par des constructions simples, adaptées aux contraintes du relief rocheux et aux ressources locales.
La chapelle Sainte-Marie datant du XII° siècle et l'édifice le mieux conservé.
Elle était vraisemblablement dédiée au culte marial, très répandu dans la Provence médiévale
Symétrique par rapport à son axe nord-sud, la voûte était supportée par des arcs doubleaux ; un beau dallage, en majeure partie gravé dans le rocher, est assez bien conservé.
Une médaille commémorative de Loïse de Lorraine, datée de 1576, a été découverte sous une masse importante de déblais.
À une époque plus tardive, sa destination a été modifiée.
L'abside, réservée au culte, a été séparée de la nef par un muret.
La nef devient alors un lieu public : habitation, ermitage...
La chapelle Saint-Jean, placée sous le patronage de saint Jean, devait répondre à des pratiques dévotionnelles spécifiques ou à des besoins liturgiques complémentaires.
Elle présente de nombreuses reprises indiquant plusieurs phases de construction qui rendent sa datation incertaine.
Elle est certainement antérieure à Sainte-Marie.
La nef donne directement sur l'abside et ne présente pas de travée de transept.
Il a été trouvé, parfois en réemploi, de nombreux éléments d'un temple romain : acrotères, morceaux de corniche, d'architrave, de colonne... attestant son existence à proximité, probablement dans la plaine, côté nord.
Leur coexistence sur un même site illustre la richesse de la vie religieuse à Calès et l’importance des lieux de culte dans le quotidien de ses habitants.
Comme l’ensemble du village, ces chapelles ont été progressivement abandonnées à partir du XVI° siècle, lorsque la population s’est déplacée vers des zones plus accessibles.
Calés
Ce site composé d'une série d’anfractuosités creusées par l'homme jusqu'au sommet de la falaise a tout d'abord servi d'habitat ligure (C'est un peuple de l'Antiquité qui vivait au nord de la péninsule italienne, entre les fleuves du Var, de la Magra et du Pô).
Une légende ou une tradition veut que ces grottes aient servi d'abris, lors des invasions sarrasines à un dénommé Kalès et ses hommes.
Ce qui est plus assuré est que ce site appartient à la première génération des grands castra du Moyen Âge.
Le village contemporain
Il fut créé en 1745 par le Marquis César de Mark de Tripoli de Panisse Passis devenu, par achats successifs des différentes co-seigneuries, le seigneur majeur des fiefs de Lamanon et Beauvezet.
Pour optimiser les revenus tirés de son immense domaine, il cède à bail emphytéotique maisons et terres, sous le cens du 1/8ème des fruits.
Douze premières maisons en 1745. Puis des dizaines sont ajoutées dix ans plus tard, ouvertes au sud, adossées à la colline et au mistral, alignées dans le prolongement du château construit entre 1618 et 1624 par Marc Antoine de Cadenet.
Une implantation à proximité des axes majeurs de circulation se croisant dans le pertuis ou seuil de Lamanon, autrefois emprunté par la Durance.
Rude existence pour ces premiers habitants, paysans pauvres et très souvent illettrés.
À cette époque les paroissiens sont encore accueillis dans la chapelle du château.
Elle devient rapidement trop petite face à cet apport de population.
C’est donc à nouveau l’église rurale « st Denis de Calès », restaurée, qui accueille le culte entre 1752 et le 05 août 1783, date de la Bénédiction de l’église actuelle, érigée sur un mamelon, entre château et premières maisons du village.
Avec la révolution, l’assemblée villageoise et le consul sont remplacés par le conseil municipal et son maire.
Le premier est Paul Turc, élu le 21/02/1790.
Mais à Lamanon 1789 a finalement changé peu de choses ; certes l’acte d’inféodation est devenu caduc.
Pourtant, la relation entre le marquis, non exproprié, car resté en France, et ses paysans est restée identique, très inégalitaire, marquée par la dépendance économique et le maintien d’une pesante autorité morale.
Entre 1800 et 1826, le château actuel est érigé.
Seule subsiste de l’ancien édifice des « Cadenet » une tour, encore visible aujourd’hui, accolée à l’aile droite des annexes.
Au fil des ans la population évolue et atteint environ 350 Habitants au 1er tiers du XIX° siècle.
La plaine de Lamanon, entre Roquerousse et Calès, au cœur du seuil, est alors une terre exclusivement agricole, pas partout très fertile, mais heureusement traversée par les 2 grands canaux Craponne et Boisgelin permettant l’irrigation d’une partie des cultures, en particulier après 1767 et la création du Vallat Madame.
Les productions des « emphytéotes » sont essentiellement destinées à l’auto-consommation (légumes, céréales, vigne, arbres fruitiers) et à l’alimentation de leur rare bétail domestique(fourrage).
Ils tentent aussi d’améliorer leurs modestes revenus par la sériciculture (élevage de vers à soie).
Les fermes du Marquis, (beauvezet, la grand manon, la tuilière, confoux, napoulon, les barres, boisredon) emploient de nombreux ouvriers et produisent en quantité vin, huile d’olive, céréales, fourrages, fruits et légumes, commercialisés sur les marchés voisins et régionaux.
Elles élèvent aussi un important troupeau de moutons qui paissent en hiver sur les terres mégières de Roquerousse et rejoignent en été les prés et marais au sud-ouest du domaine.
En 1821 la création du relais du télégraphe de Chappe, au sommet de la colline, pourrait laisser croire à l’arrivée, dans notre village, d’une certaine modernité.
Mais ce début de XIX° siècle est un temps difficile pour nos aïeux, pratiquant une agriculture encore archaïque soumise aux caprices du climat et aux calamités agricoles.
Pendant la période hivernale, ils ne doivent parfois leur survie qu’à l’organisation de grands travaux d’entretien financés par le marquis qui en est aussi le principal bénéficiaire.
Ce n’est qu’au milieu du siècle que sont créées les premières écoles : 1844 pour celle, publique, de Garçons.
Et neuf ans plus tard, quand le marquis Jean-Baptiste Alexandre de Panisse Passis crée et finance une école congréganiste gratuite de jeunes filles.
Elle fermera ses portes en 1904, avec les dispositions de la loi Combes.
Il faut attendre la 2ème moitié de ce siècle pour que, lentement, se dessine une amélioration du niveau de vie des Lamanonais.
Les progrès de l’agriculture (engrais, rotations des cultures, machinerie agricole) et les défrichages de landes permettent d’accroitre rendements et productions.
Une évolution qui peut surtout s’appuyer sur l’arrivée, en moins de vingt-cinq ans, de deux lignes de chemins de fer et la création de deux gares : le PLM en 1867, de direction nord/sud et le chemin de fer des bouches du Rhône (ou des batignoles) en 1889, dans le sens ouest/est.
Un nouveau quartier voit ainsi le jour et le rail offre d’importantes et nouvelles possibilités d’échanges économiques et sociaux avec le reste de la région et même du pays.
Malgré la persistance des crises (phylloxera, mortalité importante des vers à soie, gels tardifs) les plaintes du conseil municipal et les demandes de subventions sont moins fréquentes.
Le grand nombre de commerçants et artisans du village est un autre indicateur de cette meilleure santé économique.
Alors que la population oscille entre 400 et 500 habitants, répartis entre les fermes, les 80 maisons du village et la Baronnerie.
La charnière des XIX° et XX° siecle confirme cette tendance.
Certes la commune est par bien des aspects toujours soumise à la « bienveillante autorité » morale et économique du château.
Mais quelques signes montrent clairement que les temps sont en train de changer : la poste est créée, la commune électrifiée, l’école des Marronniers sort de terre, les rues sont embellies par la plantation de platanes et marronniers.
Un signe fort de cette volonté de changement est fourni par le résultat des élections législatives de 1910 qui voient, sur 107 votants, les candidats radicaux-socialistes et socialistes obtenir respectivement 60 et 43 voix.
La population Lamanonaise aspire à plus de confort et d’autonomie et ose voter contre les candidats conservateurs, traditionnellement soutenus par le Marquis.